
Le 11 mars 2026, les élèves de Terminale ayant choisi de suivre l’enseignement de spécialité HGGSP (Histoire Géographie Géopolitique et Sciences Politiques) ont quitté la routine des cours pour un échange qui sortait des programmes classiques. La conférence sur « Guerre et Patrimoine au Proche-Orient », organisée par l’équipe des professeurs d’Histoire-Géographie du lycée Louis-Bascan, n’était pas un simple exposé magistral, mais un dialogue ouvert sur la manière dont les conflits peuvent transformer, détruire, et parfois instrumentaliser le patrimoine.
Anne Marie Eddé, médiéviste et professeur émérite à la Sorbonne, a plongé l’auditoire dans l’espace ayyoubide, décrivant des sites historiques dont la mémoire est à la fois fragilisée et stratégique.
Son propos n’a jamais été abstrait ; elle a insisté sur l’idée que la guerre n’est pas seulement une succession de batailles mais une série de décisions qui affectent la culture et la mémoire des peuples.
À ses côtés, Fabrice Virgili, chercheur au CNRS spécialisé dans les relations hommes-femmes durant les deux guerres mondiales, a élargi la perspective en rappelant que la sortie des conflits reste un enjeu politique autant que culturel.
La confrontation des points de vue a révélé des tensions inattendues
La guerre peut apparaître comme un outil pour contrôler l’histoire et remodeler le patrimoine selon des logiques de pouvoir.
|→ Mais, ce constat n’est pas fataliste. Les intervenants ont insisté sur la possibilité, pourtant trop rare, de travailler à la reconstruction dans une perspective de réconciliation. La question n’est pas théorique : elle engage l’action des historiens, de ceux qui manipulent sources et archives pour restituer une vérité souvent niée.
Les élèves ont été mis face à des choix
Les questions qui ont suivi la conférence ont montré une curiosité vive, parfois critique, souvent émue.
Certains ont remis en cause l’idée même que le patrimoine puisse être neutre, d’autres ont interrogé les limites de la reconstruction après des destructions massives.
L’intérêt ne venait pas seulement de la matière, mais de voir des experts réfléchir à voix haute sur ce que signifie écrire l’histoire.
La matinée a provoqué des discussions qui ont continué bien au-delà de la salle. On ne sort pas indemne d’une telle confrontation avec l’histoire et la guerre.
Loin des clichés habituels, cette conférence a rappelé que le patrimoine n’est pas seulement à protéger : il est à comprendre, à interroger, parfois à défendre contre l’instrumentalisation des conflits.
Ndlr : propos recueillis auprès d’Olivier Pothet, professeur d’Histoire Géographie au lycée Louis-Bascan, à Rambouillet (78).
A suivre sur Facebook :
















