académie de Versailles région Île-de-France lycée Louis Bascan

La spécialité SVT au cœur du futur

Vue de source inconnue (†).

A la fin de la classe de Seconde générale et technologique (GT), il existe plusieurs choix possibles d’enseignements de spécialité pour des élèves désireux de suivre une formation scientifique en classe de Première voie générale : Mathématiques, Numérique et sciences informatiques (Nsi), Physique-Chimie (PC), Sciences de la vie et de la Terre (SVT), Sciences de l’ingénieur (Si) et Biologie, écologie (*).

(*) Uniquement dans les lycées d’enseignement général et technologique agricole avec des enseignements optionnels spécifiques.

Dans ces conditions, comment choisir trois spécialités scientifiques en Première générale dont il faudra n’en retenir que deux importantes en classe de Terminale ?

Ce qui suit est une libre reprise adaptée d’un article intitulé « Sciences du vivant : les oubliées du Bac » publié le 20 avril 2020 dans le magazine du développement durable « Valeurs vertes », rédigé par Marc-André Selosse, Professeur du Muséum national d’Histoire naturelle et aux universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine). Membre de l’Académie d’Agriculture et l’un des rédacteurs des nouveaux programmes de SVT au Lycée.


La spécialité SVT

Nuage de mots basé sur les programmes des Sciences de la vie et de la Terre (SVT).

Les lycéens d’aujourd’hui cherchent souvent une voie qui ait un sens.

Certains ont envie de sauver la planète, d’autres de faire leur carrière dans le domaine de l’environnement, du vivant ou de la santé, humaine ou animale.

En France, une discipline conjugue géologie et biologie : les fameuses Sciences de la Vie et de la Terre, les « SVT ».

Elles représentent une opportunité unique pour une approche globale de l’environnement ou de la santé.

Dans le système éducatif français (ce qui n’est pas le cas dans toute l’Europe), les « SVT » offrent ainsi la possibilité de recevoir un enseignement global qui permet de comprendre les liens entre nature, climat, sol, société, santé et alimentation.

Il se trouve que dans ces domaines nous traversons des moments difficiles.

Nous sommes plongés dans des crises environnementales multiples, du climat à la biodiversité, que la génération aux commandes semble impuissante à juguler.

Entrées bien après l’Asie dans la crise du Covid-19, l’Europe et l’Amérique s’en tirent moins bien, alors que l’expérience asiatique laissait espérer mieux.

« Nous restons collectivement des nains en matière de compréhension du monde naturel ».

Marc-André Selosse,.

Pour d’anciens lycéens, une formation d’honnête homme pouvait s’articuler autour des sciences qu’on disait « humaines » et « exactes », les technologies.

Aujourd’hui, si ces disciplines restent vitales, les SVT sont incontournables.

Dès la fin du Lycée, des spécialistes ainsi formés, viendront ajouter leurs savoir-faire au concert des autres disciplines.

Aucune discipline ne nous sauvera seule, mais les SVT ne doivent pas être minorées, elles sont au cœur des enjeux du futur.

En matière d’interdisciplinarité, si une discipline nous manque, tout sera dépeuplé.


La biologie et la géologie au cœur du futur

Après une Première générale, on ne peut conserver que deux spécialités en Terminale.

Pour un(e) futur(e) biologiste ou un(e) futur(e) géologue, la perspective de l’après-bac et la procédure Parcoursup sont hantées par le spectre des « matières de sélection » : Mathématiques et Physique-chimie, que l’on apprend, au-delà de leur intérêt direct pour le métier ou la compétence visée, parce qu’elles comptent dans des épreuves sélectives ou pour le dossier scolaire.

Cela a construit par le passé des cursus post-bac où ces matières de sélection occupaient une partie importante de la formation (classes préparatoires aux grandes écoles – CPGE, études de médecine, premier cycle universitaire), qui dépassaient leur strict apport technique.

Nul ne peut nier l’importance méthodologique des Mathématiques et de la Physique. Nous parlons ici de leur dosage.

Comme la réforme du Lycée a été entreprise sans trop consulter l’enseignement supérieur, les facultés de Médecine ou de Sciences et les classes préparatoires de Biologie (BCPST) envoient des messages parfois peu clairs sur la place des matières de sélection de demain.

Dans ce contexte, quelle place pour les Sciences de la vie et de la Terre ?

Le (ou la) futur(e) biologiste ou géologue ne peut faire l’économie des Mathématiques et de la Physique, mais il ne peut non plus, négliger les Sciences de la vie et de la Terre.

Sans compter l’épuisement à suivre deux fois 12 heures de spécialités « de sélection » par semaine, sans aborder sa matière de prédilection !

Hélas, seules deux spécialités sont retenues en Terminale : SVT-Maths, Maths-Physique, ou Physique-SVT.

On prétend que les SVT sont faciles à rattraper, contrairement à la méthode Maths-Physique qui, elle, ne se rattrape pas.

Pourtant, cela fait longtemps que les SVT ont développé l’enseignement de méthodes qui leur sont propres : observation, expérimentation, analyse et décision en système complexe, vision non réductionniste, quantification du doute…

N’en déplaise à ceux qui ont fait leurs études il y a longtemps et ont peut-être vécu une autre réalité, les SVT sont opérationnelles face à la complexité du monde.

Il est une chose de calculer la vitesse de chute d’une bille supposée ponctuelle dans un gaz parfait sans frottement, en est-il une autre différente d’analyser la chute d’une cellule de plancton morte dans un océan à salinité variable et sa contribution à piéger du carbone et à lutter contre l’effet de serre ?

Les matières et les savoir-faire se complètent mais ne se substituent et ne se hiérarchisent absolument pas. La génération qui l’a cru (et a fait des SVT une spécialisation tardive) a bâti le monde moderne et ses problèmes.

La génération qui remettra les Sciences de la vie et de la Terre, au cœur des compétences nous sortira des ornières actuelles.


Les métiers seront au rendez-vous

Une « fleur » pour l’orientation Source : APBG.

Le ministère de l’agriculture estime que les filières innovantes dans les secteurs des biocarburant, biomatériaux, etc. génèreront plus de 100 000 emplois sur 20 ans !

Des chefs d’entreprises commencent à constituer leurs équipes avec des ingénieurs agronomes et des économistes pour une meilleure gestion de la complexité.

Avoir fait de la biologie prépare aussi aux fonctions managériales.

Être préparé aux outils et aux concepts de la biologie et de la géologie, permet une sensibilité renforcée à la notion d’évolution, l’une des visions propres aux SVT qui permet de placer les causes d’hier et les perspectives possibles de demain au cœur de la compréhension actuelle.

Seule une compétence plus forte en SVT pérennisera notre compétitivité.

Évitons de reproduire cette erreur de la pratique abusive des matières de sélection au détriment des matières de prédilection.

Elle nous a conduit à manquer de discernement et de compétences et provoqué la crise environnementale actuelle, au détriment de notre santé.

Les parents, un peu perdus, ont les réflexes qui les avaient eux-mêmes sauvés dans l’enseignement d’hier, à travers les matières de sélection.

Ce retour en arrière ne sauve pas ni l’avenir ni la vision systémique, écologique et évolutive, de nos vies, de nos civilisations.

Ne faisons pas pire que les Terminales C d’autrefois (qui comptaient quand même deux heures de SVT par semaine), sachez choisir l’apprentissage des Sciences de la vie et de la Terre.

Refuser cet enseignement aux plus jeunes amplifierait la crise environnementale.

Alors, SVT-Maths, Maths-Physique, ou Physique- SVT ? Ne sacrifions jamais notre matière de prédilection.

Ceux qui choisissent Physique-SVT en Terminale ont la possibilité de prendre une option de « Maths complémentaires ».

Lycéens, qui voulez prendre en main le sort planétaire, sortez-nous de l’erreur ancienne et voyez le monde différemment.

Tirez profit des possibilités élargies de ces Sciences de la vie et de la Terre pour nous imaginer et construire un monde meilleur, de toute urgence.

Alors, aux SVT, lycéens !


Les horaires de la spécialité SVT dans l’emploi du temps

  • En Première
    4 heures hebdomadaires qui s’ajoutent aux 2 heures de l’enseignement scientifique du tronc commun.
  • En Terminale
    6 heures hebdomadaires qui s’ajoutent aux 2 heures de l’enseignement scientifique du tronc commun.

Les programmes officiels

Voie générale

Supérieur – CPGE

  • BCPST (Biologie Chimie Physique Sciences de la Terre)
  • TB (Technologie et biologie)

Fiche de présentation
Document destiné à l’impression, au format pdf.


|→ Retrouvez toutes les autres spécialités dans notre guide des formations

Vincent Thizeau

Professeur de S.V.T.
Sciences de la vie et de la Terre
Webmestre du site du lycée Louis Bascan

Cet article a 1 commentaire

  1. Vincent Thizeau

    L’équipe des professeurs des Sciences de la vie et de la Terre (SVT) du lycée Louis-Bascan remercie très chaleureusement Marc-André Selosse d’avoir autorisé cette libre reprise adaptée de son article.
    Nous lui sommes très reconnaissants pour son engagement sans faille dans sa promotion et son soutien envers l’enseignement des « SVT » au Lycée et de façon plus large dans l’ensemble du système éducatif français.
    ********************
    En complément, nous vous invitons à lire deux articles du même auteur :
    – « Choisir les SVT au lycée, c’est choisir une autre société demain » – Publié le 20 mars 2020 sur liberation.fr
    – « De la société au monde vivant : vers une double alliance ? » – Publié le 12 mai 2020 dans le journal Libération.

Les commentaires sont fermés.

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Publiée par Lycée Louis Bascan – page officielle sur Lundi 27 mai 2019