académie de Versailles région Île-de-France lycée Louis Bascan

Le fonctionnement d’un autotest antigénique rapide de dépistage de la Covid-19

Ce que contient un kit d’autotest antigénique rapide de dépistage de la Covid-19 – Source : notice d’utilisation de l’autotest COVID-VIRO® par le fournisseur AAZ.

Le contexte

Mercredi 14 avril, une information de la radio Europe1 révèle que le ministère de l’Éducation nationale a passé une commande importante : 52,5 millions d’autotests antigéniques rapides de dépistage de la Covid-19.

Conformément à l’arrêté paru dimanche 11 avril au Journal Officiel, les autotests sont déjà en vente libre en pharmacie partout en France depuis lundi 12 avril.

Mais, ils ne seront déployés dans les établissements scolaires qu’à la rentrée des vacances de printemps afin de déceler plus facilement et, surtout, plus rapidement, les infections potentielles au SARS-CoV-2, le virus responsable de la maladie.

La Haute autorité de santé (H.S.A.) ne recommande pour l’instant de les destiner qu’aux plus de 15 ans.

L’idée est donc d’en fournir dès le 3 mai prochain aux lycéens et aux professeurs du second degré à hauteur de deux fois par semaine.

A l’heure où cet article est rédigé, les modalités pratiques de réalisation de ces autotests sont encore discutées.

Ce que l’on peut envisager

Dans l’hypothèse où les professeurs des Sciences de la vie et de la Terre (SVT) seraient sollicités, on peut imaginer une séance organisée de la façon suivante :

  • une première partie rappelant le contexte et présentant les consignes applicables dans le cadre d’une stratégie opérationnelle conduisant à la réalisation d’un autotest ;
  • une deuxième, où chaque élève à sa table met en oeuvre le protocole de réalisation de l’autotest ;
  • une troisième, permettant la communication des résultats obtenus et menant à leur interprétation.

Ressources mises à disposition par le ministère des solidarités et de la santé |→ Les autotests

Afin de meubler les 20 minutes d’attente des résultats, on peut se proposer de comprendre comment fonctionne cet autotest antigénique rapide.

Ce que l’on sait

Un autotest antigénique rapide peut déceler une infection active aiguë.

À la différence d’un test PCR, qui recherche l’ARN (génome viral) du SARS-CoV-2 dans un prélèvement nasal ou pharyngé, un autotest antigénique détecte des fragments caractéristiques, appelés « antigènes », d’une protéine virale. Il peut s’agir, par exemple, de la protéine « S », qui forme les « pointes » dans la « couronne » du SARS-CoV-2, c’est-à-dire l’« enveloppe » du virus, ou de la protéine « N » (pour « nucléocapside »), qui entoure le génome viral.

En savoir plus sur notre site |→ Que sait-on sur le SRAS-CoV-2 ?

Un autotest antigénique rapide repose sur le procédé dit de l’immunochromatographie à flux latéral, soit un principe de fonctionnement similaire à un test de grossesse.

Ce que l’on recherche à comprendre

Comment fonctionne un autotest antigénique rapide de dépistage de la COVID-19 à flux latéral ?

|→ La méthode du flux latéral et les résultats qu’elle peut produire (Voir document 1)

Document 1 – Aperçu du mode de fonctionnement d’un test antigénique rapide à flux latéral et des résultats qu’il peut produire – Source : science.lu

Un prélèvement nasal est effectué à l’aide d’un écouvillon, puis plongé dans une solution d’extraction.

Cette solution sert à fractionner les cellules pour libérer le virus ou la protéine virale.

Quelques gouttes de l’extrait obtenu sont ensuite déposées à l’emplacement prévu à cet effet sur la cassette de l’autotest.

Le liquide est alors transporté par capillarité le long d’une bandelette de test située dans la cassette.

Si deux lignes de couleur apparaissent dans la fenêtre de test de la cassette après 10 à 30 minutes, alors le test est positif.

En savoir plus |→ La réalisation d’un autotest antigénique rapide de dépistage de la Covid-19

Téléchargez le petit guide pour réaliser les autotests

Document destiné à l’impression, au format pdf (153,5 Ko)

Tutoriel vidéo

Deux fournisseurs français d’autotests |→ AAZ et Biosynex

Que se passe-t-il exactement dans une cassette d’autotest ?

|→ La description de la structure d’une cassette (Voir le document 2)

Document 2 – Intérieur d’une cassette permettant de réaliser un test antigénique rapide à flux latéral – Source : science.lu

L’intérieur de la cassette contient une bandelette de test constituée d’un papier spécial ou d’un autre matériau à même d’absorber l’échantillon et de le transporter par capillarité le long de la bandelette.

La bandelette est divisée en différentes zones, dans lesquelles l’échantillon entre en contact avec les réactifs qui s’y trouvent.

|→ Le déroulement d’un test à l’intérieur d’une cassette (Voir le document 3)

Document 3 – Déroulement d’un test à l’intérieur d’une cassette en cas d’échantillon positif (à gauche) et négatif (à droite) – Source : science.lu

Dans le cas d’un échantillon positif (à gauche sur le document 3)

Dans une première zone, l’échantillon entre d’abord en contact avec des anticorps (Y1 dans le document 3, en noir) qui ont la faculté de reconnaître les antigènes (fragments de protéines) du SARS-CoV-2.

Ces complexes d’anticorps Y1 et d’antigènes poursuivent ensuite leur cheminement avec le liquide dans cette zone de test, où d’autres anticorps (Y2 dans le document 3, en bleu) reconnaissent le même antigène du SARS-CoV-2, mais à un autre endroit.

Les complexes d’anticorps Y1 et d’antigènes qui s’étaient formés dans la première zone sont retenus à cet endroit.

Les anticorps Y1 sont dotés d’un marqueur (par exemple des nanoparticules d’or, en rose sur le document 3) qui se colore sous l’effet d’une réaction biochimique.

C’est ce qui fait apparaître une ligne de couleur dans la fenêtre de test (T) de la cassette.

Dans une deuxième zone, la zone de contrôle (C), les anticorps Y1 avec le marqueur sont retenus par d’autres anticorps (Y3 sur le document 3) qui n’ont pas réagi avec les antigènes du virus.

Une deuxième ligne de couleur apparaît ainsi dans la fenêtre de contrôle (C). Elle sert à vérifier que le test a fonctionné correctement.

Dans le cas d’un échantillon négatif (à droite sur le document 3)

Seule une ligne apparaît dans la fenêtre de contrôle (C), qui ne contient donc pas de matériel viral. Il n’y a aucune ligne dans la fenêtre test (T).

Animation à l’échelle moléculaire (légende en anglais)
  • Durée de l’animation : 1 minute 15 secondes
  • Date de publication : le 11 mai 2020
  • Auteur : www.genetex.com
  • Titre original : « How a Rapid Virus Antigen Test Works ».
  • Description : le procédé dit de l’immunochromatographie à flux latéral qui est appliqué à l’autotest antigénique rapide de dépistage de la Covid-19.
  • Source : chaîne YouTube GeneTex

Les avantages et les inconvénients d’un autotest

L’autotest antigénique rapide présente quelques inconvénients :

  • il peut ne pas réagir seulement au SARS-CoV-2, mais aussi à d’autres types de coronavirus inoffensifs.
  • il est moins fiable qu’un test PCR utilisé communément à ce jour, dont la méthode a toujours valeur de référence pour le diagnostic en laboratoire.

Toutefois, deux avantages méritent d’être soulignés :

  • la rapidité et la simplicité. En effet, en général, un autotest antigénique rapide livre son résultat en moins de 30 minutes ;
  • l’examen des échantillons ne nécessite pas d’analyse coûteuse en laboratoire.

Avec un test PCR classique, il faut en revanche plusieurs heures, voire plusieurs jours, avant d’obtenir un résultat.

Dans tous les cas, ce dernier s’avère indispensable à réaliser si le résultat de l’autotest se révèle positif.

En savoir plus |→ Que dois-je faire après mon autotest ?

Téléchargez le logigramme

Document destiné à l’impression, au format pdf (449,1 Ko)


Sitographie

|→ Quels sont les tests rapides de dépistage de la COVID-19 existants et comment fonctionnent-ils ?
Article rédigé par FNR, acronyme inconnu, publié le 20/11/2020 sur le site science.lu – Lien externe, s’ouvre dans une nouvelle fenêtre. Date de consultation : le 14/04/2021.

|→ Tests génétiques, antigéniques et sérologiques
Article rédigé par Patrick Maurel, publié le 12/12/2020 sur le site Science au Jour le Jour – Lien externe, s’ouvre dans une nouvelle fenêtre. Date de consultation : le 14/04/2021.


A suivre sur Facebook :

Vincent Thizeau

Professeur de S.V.T.
Sciences de la vie et de la Terre
Webmestre du site du lycée Louis Bascan

Cet article a 2 commentaires

  1. Yannick Vilain

    Bonjour,
    Non mais à quel moment quelqu’un a pensé que ce serait une bonne idée de faire un « TP covid »?
    A ma connaissance on ne nous a jamais demandé de faire des TP SIDA ou des TP test de grossesse…
    parce que nous ne sommes pas professionnels de santé et que j’imagine mal le respect du secret médical lors de la phase d’interprétation « Venez voir monsieur mon test est positif! »
    Un prof de SVT avec du bon sens.

    1. Vincent Thizeau

      Bonjour cher collègue,

      • La grossesse n’est pas une maladie, et le SIDA ne fait pas partie des maladies contagieuses, mais bien transmissibles.
      • En ce qui concerne le secret médical portant sur la Covid-19, le conseil national de l’Ordre des médecins a publié sur son site internet un vademecum à ce sujet. Ce dernier mentionne que selon l’article 11 de la loi du 11 mai 2020 prorogeant l’état d’urgence sanitaire, la loi fait du Covid-19 une maladie à déclaration obligatoire, dans un système spécifique et très temporaire – A consulter |→ https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/actualites/durgence-sanitaire-questions-reponses
      • Par ailleurs, le contenu de cet article s’inscrit dans un projet éducatif de prévention et de sensibilisation au SARS-CoV-2.

      Foin des idées chagrines de manifestations qui passent pour mascarades revendicatrices ou vengeresses à l’esprit compatissant et souvent consterné d’un public souvent dans la rue désorienté, il s’agit en bonne intelligence de montrer comment les Sciences de la vie et de la Terre (SVT) peuvent s’inscrire dans une mise en lumière du fonctionnement d’un autotest antigénique rapide de dépistage de la Covid-19 qui repose sur le procédé de l’immunochromatographie à flux latéral.

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Publiée par Lycée Louis Bascan – page officielle sur Lundi 27 mai 2019