
En décembre 2025, douze élèves de terminale du lycée Louis-bascan sont partis visiter les instances européennes à Strasbourg, en partenariat avec notre lycée de Montebelluna (Italie) dans le cadre du programme Erasmus +. Morceaux choisis de ce voyage éminemment formateur.
Les fêtes de fin d’année sont un bon prétexte pour visiter Strasbourg et son immense marché de Noël qui répète à l’infini les mêmes échoppes.
C’est aussi la période de clôture des subventions Erasmus et donc l’occasion que nous avons saisie pour visiter, avec nos partenaires du lycée Veronica Veronese de Montebelluna (Vénétie), les institutions européennes pendant quatre jours.
C’est dans ce contexte – et dans un cadre plus large où l’on se questionne sur : « Le rôle de l’Union européenne dans la lutte contre le changement climatique » – que nous voilà partie pour la plus européenne des villes françaises.
Le conseil de l’Europe
À peine arrivé et les bagages déposés, nous nous sommes rendus au Conseil de l’Europe. Cette institution marque géographiquement le début du quartier européen et ne doit pas être confondu avec le conseil européen ou le conseil de l’Union européenne (voir les fiches de chacune de ces institutions).
Outre la phase d’observation logique entre élèves de culture et de langues différentes (sans compter la différence d‘effectifs entre les deux contingents) nous avons assisté à une visite guidée de l’édifice ou tout du moins de son hémicycle.
Défendant la démocratie, les droits humains et l’état de droit, le conseil de l’Europe est ouvert à de nombreuses nations hors du continent.
Ainsi, le programme phare de cette année concerne le « nouveau pacte démocratique pour l’Europe », ce qui nous a amené à réfléchir avec les ambassadeurs juniors du parlement européen à « quel avenir pour la démocratie en Europe ? » (voir l’article pour approfondir).
Le musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg
Parenthèse entre deux déambulations citadines notre visite au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg était surtout un prétexte pour permettre aux jeunes de passer du temps ensemble, d’échanger et de se découvrir.
En effet, c’est là l’un des fondements d’Erasmus : développer le sentiment européen et notamment en montrant que les différences culturelles sont moindres que ce qui nous rapproche.
Lorsque les italiens ont accueilli nos élèves pendant la visite pour travailler ensemble et lorsque dans ce musée pratiquement vide, entre Alfred Sisley et Bertrand Lavier, nous avons entendu, puis vu, pêle-mêle ces jeunes adultes assis par terre discutant ; nous avons compris que ce voyage était une réussite.
Le Parlement européen
Le Parlement européen accueillait une session parlementaire ce qui offre l’occasion d’assister à une séance du parlement et qui techniquement permet d’envisager d’assister aux diatribes de nos étoiles montantes de la politique nationale comme Manon Aubry ou Jordan Bardella.
On ne mesure pas le nombre de visiteur qu’accueille l’institution. Le rythme est vraiment digne de celui des grands musées parisiens et après l’attente et une présentation du fonctionnement du parlement nous entrons dans l’hémicycle.
La déception est palpable car il y a très peu de députés présents mais néanmoins on se laisse prendre au jeu et le temps d’écoute qui nous est imparti passe trop rapidement.
Après une brève visite de l’espace d’exposition similaire à celui d’Europa expérience, il est déjà l’heure de partir. C’est sur le parvis du Parlement que les élèves ont réalisé un micro-trottoir afin d’interroger leurs interlocuteurs sur ce que l’Union européenne représentait pour eux :
« Je pense que c’est une bonne chose. Ça permet de regrouper différents pays et de pouvoir défendre communément avec plus de poids certaines idées et d’un sens aussi bien économique que social. »
« Je pense que l’Europe nous a apporté pas mal de choses sur le plan culture et sur le plan économique. Maintenant, chaque pays a ses particularités. Cependant c’est bien de faire une grande Europe, surtout avec les enjeux aujourd’hui, avec l’Amérique d’un côté, les Russes et les Chinois de l’autre. »
« Il faut l’Europe, parce qu’on connaît quand même les enjeux planétaires, donc l’Europe doit se souder. Malheureusement… On perd beaucoup de temps à cause d’une… Enfin, à mon sens, à cause de la législation européenne. Voilà.
Là, c’est un peu trop compliqué, on perd beaucoup de temps, alors qu’il y en a d’autres qui ne se posent pas de questions. Cela est notamment due à la législation européenne, qui est compliquée. Entre autres. Il suffit d’un pays qui vote non pour tout bloquer et il y a les différences, du sud au nord. »
Sans trop de surprise à la sortie du parlement européen les avis récoltés sont majoritairement pro-européens. Tous soulignent l’importance de rester unis pour que notre voix compte. Une telle visite devrait être associée à une participation active au programme du parlement européen des jeunes.
Europe direct Strasbourg
Autre moment de partage interculturel, les activités auxquelles nous avons participé et qui sont organisées par le Centre Europe direct de Strasbourg.
Après un quiz à la frontière du trivial poursuite et du jeu de l’oie, les élèves ont parcouru le quartier européen pour découvrir les différentes institutions qui s’y trouvaient dans des groupes transnationaux.
Ce fut l’occasion de passer devant des organismes aussi divers que la cour européenne des droits de l’Homme, les locaux de la chaîne paneuropéenne Arte, évidemment le conseil de l’Europe ou le parlement européen mais aussi la direction européenne de la qualité du médicament & du soin de santé.
Ils ont fait l’effort, malgré l’appréhension de pratiquer l’anglais, de se prêter au jeu et d’ailleurs ils furent récompensés de leur investissement par les éloges appuyés délivré par l’organisation.
Ce voyage de quatre jours a permis à tout un groupe d’accroître ses connaissances et sa compréhension du fonctionnement des instances européennes qui jouent un rôle majeur dans nos vies. De plus il leur a permis de rencontrer des élèves d’autres horizons favorisant ainsi le sentiment d’appartenance à l’Union européenne au-delà des appartenances nationales. Enfin, cela fut pour eux un temps d’émancipation qui participe à leur construction en tant que jeunes adultes qui, rappelons-le, serons appelé à exercer leur devoir démocratique dès l’année prochaine.


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