
Cet article est le troisième d’une série consacrée au projet ChlorISS au lycée Bascan. Il fait suite à :
- « Le lycée Bascan embarque pour l’espace avec le projet astrobotanique ChlorISS », le premier article présentant les objectifs spatiaux et pédagogiques du projet.
- « Au printemps 2026, l’expérience ChlorISS prend racine au lycée Bascan », le deuxième article décrivant la mise en place des expérimentations au lycée.
Dès le printemps 2026, au lycée Louis-Bascan, ChlorISS ne sera pas un projet « en plus ». Il s’inscrira dans le quotidien des cours et des travaux pratiques en SVT, et fera évoluer la manière d’enseigner les sciences.
On parle souvent de programmes. Ici, ils prendront forme sous les yeux des élèves. Une graine germera, une tige s’orientera, une feuille s’étirera différemment selon la lumière. Rien d’abstrait. Ce que les manuels ou les exercices décrivent, ChlorISS le rendra visible — et parfois déroutant, tant la réalité résistera aux simplifications.
En Seconde, les élèves découvrent l’organisation fonctionnelle du vivant. Avec ChlorISS, la cellule s’inscrira concrètement dans un tissu, dans un organe, dans une plante entière qui réagit à son environnement. La croissance deviendra une suite d’ajustements, et non un simple processus linéaire. On pourra observer, douter, recommencer. C’est là que l’apprentissage prend une autre dimension.
La question des échanges de matière et d’énergie ne se limitera plus à des définitions. L’eau manque, la croissance ralentit. La lumière change, la biomasse suit — ou pas, et c’est encore plus intéressant. Les élèves mesureront, compareront, se tromperont parfois dans leurs interprétations. Tant mieux. Une donnée inattendue obligera à réfléchir autrement.
En Première « Enseignement scientifique », la démarche scientifique prendra tout son sens. Trop souvent réduite à une « méthode » figée, ChlorISS permettra de formuler des hypothèses, d’en tester au moins une, concevoir une stratégie, mettre en œuvre un protocole, communiquer des résultats, les interpréter, les discuter, parfois les contester. Certains élèves découvriront ainsi que la science n’est pas un ensemble de réponses, mais une pratique exigeante.
La photosynthèse changera de statut. On la verra à l’œuvre, indirectement dans la croissance différenciée des plants de l’arabette des dames (Arabidopsis thaliana) ou du mizuna (Brassica rapa japonica). L’énergie lumineuse cessera d’être une notion vague : elle deviendra une variable que l’on manipule, avec des effets mesurables, parfois surprenants.
En Terminale, le regard porté sur le vivant s’élargira. Les interactions entre organismes et environnement ne seront plus des chapitres distincts. Tout se mélangera : lumière, gravité, climat, réponses biologiques. ChlorISS montrera que les adaptations ne sont ni parfaites ni immédiates. Une plante hésite, compense, s’oriente. Cette lenteur, cette complexité deviendront concrètes.
Du côté de la spécialité SVT, le projet prendra une autre dimension. La physiologie végétale cessera d’être une accumulation de mécanismes. Les flux de matière circuleront, se mesureront, se confronteront aux contraintes du milieu. Même la génétique, souvent perçue comme abstraite, trouvera un terrain d’expression : les différences observées entre individus rappelleront que le vivant ne se répète jamais à l’identique.
|→ Il faut le dire clairement : le projet ChlorISS fonctionne parce qu’il refuse la simplification excessive. Il expose les élèves à une réalité plus exigeante que celle des exercices ou des travaux pratiques calibrés. Et c’est précisément ce qui le rend formateur.
Ce projet ne cherchera pas à illustrer le programme. Il le mettra à l’épreuve.
Au final, les élèves n’en sortiront pas avec une accumulation de notions supplémentaires. Ils comprendront autre chose : comment se construit un savoir, comment il se discute, comment il évolue. Une expérience parmi d’autres ? Pas avec ChlorISS. Une manière différente d’entrer dans les sciences — plus directe, plus honnête, et sans doute plus durable.
Ressources pédagogiques complémentaires
Pour approfondir la compréhension des résultats qui seront obtenus avec l’expérience ChlorISS, vous peuvez consulter les documents suivants :
Sujets de Bac – Épreuves de spécialité
- Session 2021 – Exercice 2 : Le phototropisme chez les végétaux
Sujet officiel Bac SVT 2021 - Session 2023 – Exercice 2 : Le gravitropisme chez les végétaux
Sujet officiel Bac SVT 2023 - Terminale spécialité SVT – Sujet ECE 2021 : Les statolithes
Série Générale, Thème : De la plante sauvage à la plante domestiquée
Source : eduscol.education.fr
Simulations et expériences historiques
- Logiciel « Phototropisme : une approche historique »
Académie de Nice
Animation sur le coléoptile - Expériences historiques sur le coléoptile des Poacées
SVT Lycée Elorn - Graines et germination
SVT Lycée Elorn
Gravitropisme
- Le gravitropisme des végétaux
Planet-Vie – ENS - Réalisation d’expériences simples sur le gravitropisme
Planet-Vie – ENS
QCM
- La recherche de lumière chez les végétaux – Bac S, Session 2017, Émirats Arabes Unis
Sujet complet
Ndlr : les liens externes proposés s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.
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