
Et si aujourd’hui un texte du XVIe siècle nous aidait à mieux comprendre notre rapport à l’autorité ? Mardi 20 octobre 2026, en pleine vacances de la Toussaint, des lycéens et des lycéennes, parmi lesquels des élèves du lycée Louis-Bascan, se sont retrouvés à la librairie Labyrinthes, à Rambouillet, pour un atelier philosophique autour du Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie. Une soirée pour lire autrement, confronter les points de vue et faire vivre les idées.
Un texte ancien, des questions très actuelles
Pourquoi obéit-on ? À quel moment l’habitude nous conduit-elle à accepter ce que nous pourrions pourtant remettre en question ? Et comment préserver sa liberté de jugement face à l’autorité ?
Écrites il y a près de cinq siècles, les réflexions de La Boétie continuent de nourrir ces interrogations. Dans son Discours de la servitude volontaire, l’auteur explore un paradoxe troublant : comment un pouvoir peut-il se maintenir lorsque ceux qui le subissent contribuent eux-mêmes à sa force ?
C’est autour de ces questions que les participants ont été invités à réfléchir, à la faveur d’un atelier qui ne se limitait pas à l’explication d’une œuvre littéraire. Ici, il s’agissait aussi de prendre position, d’écouter les autres et d’accepter de déplacer son regard.
Nina Blanchot et Lize Dazugon : faire parler les textes en images

Pour accompagner cette exploration, les élèves ont pu compter sur Nina Blanchot et Lize Dazugon, autrices d’une version illustrée consacrée au texte de La Boétie, publiée aux éditions Nathan.
Leur ouvrage propose un décryptage dessiné de cette œuvre célèbre, pensé pour rendre ses idées accessibles à tous les esprits curieux. Car le Discours de la servitude volontaire n’est pas seulement un texte patrimonial à étudier pour un examen. C’est aussi un écrit entouré de mystère : on raconte que La Boétie l’aurait composé alors qu’il était encore très jeune ; on lui prête également une influence sur les mouvements contestataires et révolutionnaires qui ont marqué l’histoire de France.
En associant le dessin à l’analyse, Nina Blanchot et Lize Dazugon offrent une autre porte d’entrée dans cette réflexion sur le pouvoir et l’obéissance. Une façon de rendre visibles des idées parfois difficiles à saisir en première intention, sans renoncer à leur richesse ni à leur portée politique et philosophique.
Au cours de la soirée, les lycéens ont notamment été invités à répondre à une question simple en apparence : quel dessin illustre le mieux son propre rapport à l’obéissance ?
À partir de cette proposition, chacun pouvait chercher une représentation, exprimer une intuition, puis la confronter aux interprétations du groupe. Les citations de La Boétie ont elles aussi alimenté les échanges.
Une démarche qui donne toute sa place à la parole des jeunes : il ne s’agit pas seulement de comprendre ce qu’un auteur a voulu dire, mais aussi de se demander ce que ses mots nous font penser, aujourd’hui.
Apprendre à penser par soi-même
Pour les élèves de première, cette rencontre faisait écho à leur parcours scolaire : le Discours de la servitude volontaire figure parmi les œuvres inscrites au programme de préparation à l’épreuve anticipée de français.
L’atelier leur a permis d’aborder le texte dans un cadre différent, où l’interprétation se construit aussi par la discussion, le questionnement et la rencontre avec d’autres lecteurs.
Lire, argumenter, écouter une opinion différente, nuancer la sienne : autant de compétences qui participent à la formation du jugement. Ils rappellent que l’étude de la littérature ne consiste pas uniquement à acquérir des connaissances ou à préparer une épreuve, mais aussi à développer sa capacité à réfléchir librement.
|→ Cette ouverture sur la vie culturelle locale rejoint pleinement l’esprit de Louis-Bascan : encourager la curiosité, favoriser l’autonomie intellectuelle et permettre aux élèves de faire des liens entre les apprentissages, leurs expériences et les grandes questions qui traversent la société.
La culture comme espace de rencontre

Organisée à la librairie Labyrinthes, 2 rue Chasles à Rambouillet, cette soirée a offert aux lycéens un espace pour s’interroger ensemble, hors du cadre habituel de la classe.
Le livre y devenait un point de départ, le dessin un moyen d’expression et la discussion une invitation à regarder autrement ses propres certitudes.
Cinq siècles après sa rédaction, le texte de La Boétie continue ainsi de susciter le débat. Et c’est peut-être là l’une des forces de la littérature : nous faire rencontrer des pensées venues d’un autre temps, puis nous laisser le soin de décider ce qu’elles éclairent dans le nôtre.
Source : article intitulé « Rambouillet : soirée philo pour lycéens autour du Discours de la servitude volontaire », rédigé par Samia BENTATO, dans l’Écho républicain du samedi 20 octobre 2026.
Lien externe, s’ouvre dans une nouvelle fenêtre.
A suivre sur Facebook :













